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Des palmiers contre la pauvreté

Des palmiers contre la pauvreté

Hay Ly Eang a créé l'entreprise Confirel pour exploiter les palmiers. A son avis, cet arbre, symbole national, peut contribuer à enrichir le pays. Parcours d'un pharmacien entreprenant devenu homme d'affaires.

Il ne connaissait rien aux palmier. Hay Ly Eang en est pourtant tombé amoureux et, aujourd'hui, il met beaucoup d'espoir dans leur mise en valeur.

Rien ne prédestinait ce pharmacien, né dans une famille citadine, à se lancer dans l'expoitation de cet arbre à sucre. Il a quitté le pays, en 1975, avant la chute de Phnom Penh. Direction la France, où il a fait ses études de pharmacie. Il n'est revenu au Cambodge qu'en 1992. Un an plus tard, il commence à s'intéresser aux palmiers? Première étape : des enquêtes de terrain sur les conditions de vie de paysans. Petit à petit, son projet d'exploitation prend tournure.

"Quand j'ai débuté, mon entourage m'a pris pour un fou. Personne ne pensait que je réussirais", raconte l'homme de 55 ans. Il crée son entreprise dans la périphérie de Phnom Penh et débute l'exploitation en 2002.

Son cheval de bataille : la lutte contre la pauvreté. Conscient d'avoir été favorisé par la vie, il investit son argent personnel pour aider les plus démunis. Selon lui, c'est la misère qui à conduit son pays sous le joug des Khmers rouges, entre 1975 et 1979. Il compte bien apporter sa contribution au développement du Cambodge grâce à ses produits dérivés de la palme.

 

Lutter contre l'exode rural

Son entreprise se procure la matière première auprès des paysans de la province de Kampong Speu. Aujourd'hui, elle fait travailler 300 familles. Autrefois, celle-ci fabriquaient leur sucre de palme de manière traditionnelle. Mais il leur manquait une mise en valeur de leur produit. C'est à ce stade qu'intervient Confirel. L'entreprise réceptionne le sucre et s'occupe de son conditionnement et de sa vente. Elle produit également, à partir du suc de fleurs, différents vins, vinaigre ou sucre. Ly Hay explique : "Valoriser les produits à base de palme, c'est valoriser les exploitants". Dans la société cambodgienne, ces derniers sont considérés comme les plus pauvres. L'entreprise a donc fait le choix de leur proposer une rémunération leur permettant de vivre dans des conditions correctes.

Le fondateur de Confirel mise sur un cercle vertueux : en développant les palmiers, il estime contribuer à enrichir les campagnes, donc à ralentir l'exode rural et, en parallèle, à réduire les problèmes sociaux en ville, telle la prostitution de jeunes paysannes.

Dans son esprit, les palmiers sont, à la même échelle qu'Angkor Wat, une facette de l'identité nationale du pays. Ils ont, en outre, l'avantage d'être présents à travers tout le royaume. Hay Ly Eang estime leur nombre à six millions, dont seule la moitié est exploitée.

Vêtu de vêtement simples, l'homme, plutôt loquace, se dit "différent". "J'ai placé un million de dollars dans le palmier? D'autres préfèrent investir dans l'achat de terrain. Cela rapporte rapidement mais sans en faire profiter les pauvres, regrette-t-il. Les investisement dans l'giculture sont trop peu nombreux au Cambodge car la rentabilité n'est pas immédiate."

Si les aliments à base de palmes étaient boudés par les clients étrangers dans les années 90, ils commencent à se faire connaitre depuis les années 2000. Aujourd'hui, Confirel propose 30 produits différents et 20 supplémentaires sont à l'étude. Depuis sa création, le chiffre d'affaires de l'entreprise ne cesse d'augmenter, d'années en années, selon son patron. Un demi-million de dollars est prévu pour 2008, contre 240 000 dolars en 2007. Les produits, vendus à 60% aux touristes étranger, sont également exportés en direction de la France, des Etats-Unis, de la Corée du Sud ou encore du Vietnam.

L'intérêt des consommateurs cambodgiens se développe également. Des dirigeants commencent à en acheter pour leurs réceptions officielles. Une bonne chose, estime Hay Ly Eang, "Acheter ces aliments, c'est montrer sa solidarité avec les paysans. Les Khmers doivent soutenir les productions locales. De leur coté les producteurs ne doivent pas négliger la qualité."

Le président fondateur de Confirel est également le créateur du laboratoire pharmaceutique PPM. Il existe depuis  1996 et exporte dans 14 pays. Le pharmacien est devenu un vrai homme d'affaires. Téléphone en main, il explique: "Créer une entreprise est plus simple que de la faire durer." "Il faudrait que les Cambodgiens aient davantage d'idées innovantes, ajoute-t-il, à l'attention de ses concitoyens.

Auteur : Ky Soklim 

Cambodge soir Hebdo n34, 29 mai au 4 juin 2008

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